Dans cette série d'interviews, nous rencontrons des fondateurs, PDG et leaders du e-commerce pour parler de l'utilisation des réseaux sociaux afin de développer leur entreprise en ligne. Dans le cadre de cette série, nous avons eu le plaisir d'interviewer Kandy Robertson.
Pouvez-vous nous raconter ce qui vous a menée sur cette voie professionnelle ?
Lorsque j'étais adolescente, je voulais avoir une entreprise. Je suis aussi une artiste et je souhaitais faire carrière dans l'art. J'avais pour rêve d’ouvrir ma propre boutique pour vendre des œuvres d'art, des bandes dessinées, des jouets et des fournitures artistiques. Souvent, la vie ne se déroule pas comme on l’avait prévu. À la place, j'ai choisi de devenir infirmière pour bénéficier d'une plus grande sécurité et stabilité financière.
Pendant ma carrière d'infirmière, j'ai investi dans l’apprentissage de nouvelles compétences et d’activités complémentaires qui m'ont beaucoup appris sur l’entrepreneuriat et la gestion d’une entreprise. J'ai même collaboré avec le propriétaire d'une boutique de bijoux fantaisie qui m'a inspirée à me lancer dans le e-commerce. Cet homme, originaire d’Inde, est venu en Amérique avec seulement 500 $. Il m'a expliqué avoir utilisé ses économies pour investir dans les bijoux fantaisie et possède aujourd'hui une grande boutique de gros au Texas et se rend à des salons professionnels à chaque trimestre. Je me suis dit : s’il a réussi, pourquoi pas moi ? Pendant le court passage dans son entreprise, il m’a appris comment acheter des produits en gros et les revendre ; avec ces nouvelles connaissances, j’ai décidé de me lancer dans le e-commerce plutôt que d’ouvrir une boutique traditionnelle.
Quelle est l’histoire la plus marquante qui vous soit arrivée depuis que vous travaillez dans votre entreprise ?
J'ai toujours voulu redonner à la communauté et pas seulement en tirer profit. Mes parents étaient des réfugiés du génocide cambodgien, et pour leur rendre hommage, j’ai voulu m’engager face à une problématique qui touche le monde entier. J’ai choisi de devenir militante pour les droits humains ; durant ce parcours, j’ai voulu m’attaquer au problème de la traite humaine. J’ai ainsi organisé des collectes de fonds pour 3 associations visant à abolir l’esclavage sexuel, qui ont aidé à proposer emplois et ressources aux survivants. L’une de ces associations, The Freedom Climb, gravit des sommets à travers le monde au nom de la liberté. Je me suis rendue dans le Colorado et j’ai atteint le sommet de ma première montagne de 14 000 pieds. Ce fut un accomplissement incroyable et excitant pour moi, mais ce n'était pas aussi facile qu'il n'y paraît ! Il nous a fallu de 5h du matin à 17h, ou plus longtemps encore, pour atteindre le sommet, et l’organisation prévoyait d’en gravir 7. J’étais fière d’en avoir gravi au moins une !
Quel est l’erreur la plus drôle que vous ayez commise à vos débuts ? Quelle leçon en avez-vous tirée ?
Quand j'ai d'abord créé les étiquettes pour mon produit capillaire, je voulais un type d’étiquette « brillante », pensant que cela serait original ou me permettrait de me démarquer. En recherchant un fabricant, ils ont produit une étiquette, mais comme j'étais tellement enthousiaste à l’idée de ma première création, je n’ai pas vérifié à quoi elle était destinée. Cette société appose également les étiquettes sur les flacons vides pour vous. Heureusement, je n'avais commandé que le nombre minimum d'étiquettes, mais elles étaient conçues... pour des canettes de BIÈRE ! Du coup, au lieu de produits capillaires, j’avais des canettes de bière !
J’ai fait la même erreur en achetant des chevalets pour mes présentoirs. Je n’ai pas lu les dimensions et les photos semblaient grandes. Lorsque j’ai reçu les chevalets, ils étaient minuscules et ne pouvaient contenir que des cartes de visite. Cette expérience m’a appris l’importance d’une bonne préparation et de la planification pour gérer son entreprise, mais aussi de prendre le temps de tout lire attentivement, surtout au stade de la validation.
J’ai aussi appris que faire des erreurs fait partie du processus d’apprentissage, et qu’il est essentiel d’en tirer des leçons et d’avancer. Heureusement, mes erreurs ne m’ont pas coûté trop cher.
Quels sont les projets les plus intéressants ou passionnants sur lesquels vous travaillez en ce moment ?
J’écris actuellement deux livres, The Viral Fairy®, destinés aux chefs d’entreprise qui souhaitent promouvoir leur activité et devenir viraux en utilisant les réseaux sociaux à des fins professionnelles. L’autre livre est un mémoire sur ma vie, grandir avec des parents réfugiés souffrant de stress post-traumatique, les traumatismes vécus en grandissant dans une Amérique multiculturelle en tant qu’Asiatique américaine atypique, et le parcours de création et de gestion d’une entreprise. Dans ce livre, j’espère inspirer les gens à ne pas abandonner, mais aussi éclairer sur le génocide cambodgien et ses effets sur la génération suivante.
Quelles sont les trois qualités de votre personnalité qui, selon vous, ont favorisé votre succès ?
1. Résilience 2. Ambition 3. Courage.
J’ai affronté de nombreux obstacles lors de la création de mon entreprise. J’étais entourée de personnes qui doutaient de moi et ne croyaient pas en moi. Sur le plan culturel, être entrepreneur en tant qu’Asiatique américaine n’est pas quelque chose qui est valorisé. En général, on s’attend à ce que l’on devienne médecin ou avocat pour rendre sa famille fière. J’ai eu des idées d’entreprise qui ont souvent été l’objet de critiques.
Pendant un certain temps, cela a eu un impact sur moi et j’ai eu envie d’abandonner parce que je n’avais pas le soutien dont je pensais avoir besoin.
Ces trois qualités sont celles qui m’ont permis d’avancer et d’atteindre mes objectifs et succès. J’avais suffisamment confiance en moi pour ne pas me soucier de ce que ma famille pouvait penser (courage), l’envie de continuer afin de briser les cycles générationnels (ambition) et je n’ai jamais abandonné mes rêves (résilience).
Quelle était votre vision initiale pour votre entreprise e-commerce ? Quels problèmes cherchiez-vous à résoudre pour vos clients ?
Je voulais des produits capillaires naturels et luxueux, sans parabènes, phtalates ni sulfates, adaptés à un foyer multiethnique. Dans ma famille multiethnique, chaque membre a une texture de cheveux différente. Nous avons beaucoup de produits capillaires différents spécifiquement adaptés à chacun, mais je voulais un produit que je pourrais utiliser autant que ceux ayant les cheveux bouclés. Ainsi, il n’y aurait plus qu’un seul produit dans la maison au lieu de 10 à 20 produits différents pour chaque type de cheveux.
Comment les réseaux sociaux vous ont-ils aidé à développer votre entreprise ? Quels étaient vos objectifs stratégiques et comment avez-vous mis en œuvre votre plan sur les réseaux sociaux ?
Pour une entreprise naissante dans le secteur des soins capillaires, déjà saturé, je me suis concentrée sur une audience cible ayant les mêmes problématiques, comme les cheveux frisottants, les nœuds, la sécheresse et le manque de brillance. Une fois que j’ai déterminé mon audience cible, ma meilleure stratégie marketing, avec un petit budget (car il est important de commencer avec une audience organique et de tisser un lien avec les consommateurs), a été de m’adresser à des influenceurs, qu’ils soient connus ou non.
En tant que consommatrice, je comprends l’importance des avis, mais aussi des tutoriels ou des photos montrant comment utiliser ou porter le produit. Cela joue un rôle déterminant dans la prise de décision lors de l’achat. Forte de cela, j’ai contacté des influenceurs avec une audience active et engagée similaire à ma cible. J’ai proposé d’offrir le produit gratuitement en échange d’une vidéo d’évaluation du produit.
